Les docteurs Jonathan et Christine Seidman se sont distingués par leurs contributions fondamentales à la compréhension des bases moléculaires des maladies cardiaques humaines.
Ils ont découvert les mutations génétiques responsables des cardiomyopathies hypertrophique, métabolique et dilatée et des maladies congénitales du coeur.
En construisant des mutations humaines dans des organismes modèles, les Seidman ont déterminé des signaux pathogéniques importants pour ces maladies.
Leur travail améliore le diagnostic des maladies cardiaques, fournit des connaissances mécanistiques et permet de nouvelles opportunités de traItement.
Les études génétiques des Seidman ont commencé avec la cardiomyopathie hypertrophique (CMH), une maladie énigmatique caractérisée par une croissance inexpliquée du muscle cardiaque qui survient chez un individu sur cinq cents et explique la mort par arrêt cardiaque chez les athlètes.
En 1989, ils ont cartographié le premier gène de la CMH et ont ensuite mis en évidence les mutations responsables de la maladie dans le gène de la chaîne lourde bêta de la myosine cardiaque.
Cette découverte a conduit les Seidman à identifier d'autres gènes humains de la CMH, comme la troponine T cardiaque, l'alpha tropomyosine, la protéine - C de liaison de la myosine et la chaîne lourde alpha de la myosine cardiaque.
Collectivement, leur travail a établi la CMH comme une maladie du sarcomère.
En reproduisant des mutations du sarcomère humain chez la souris, les Seidman ont découvert des aspects inattendus de la physiopathologie de la CMH.
Ils ont trouvé que les mutations CMH dans la myosine augmentaient les fonctions biophysiques et ne les diminuaient pas, un résultat qui allait à l'encontre de l'idée classique selon laquelle l'hypertrophie était une réponse compensatoire à une fonction contractile réduite.
Les Seidman ont aussi découvert les causes génétiques des formes atypiques d'hypertrophie cardiaque, telles que des mutations dans la sous-unité gamma-2 régulatrice de la protéine kinase activée par l'AMP (PRKAG2) et dans la protéine de membrane 2 associée au lysosome (MP-2).
Leurs études ont révélé des manifestations physioopathologiques distinctes par lesquelles ces mutations provoquaient l'hypertrophie qui a expliqué les arythmies accompagnant ces défauts génétiques et mettant en jeu le pronostic vital.
Les causes génétiques de l'insuffisance cardiaque ont été largement étudiées par les Seidman. Ils ont identifié des mutations chez l'homme dans la lamine A, protéine d'enveloppe nucléaire, la cause génétique la plus courante de cardiomyopathie dilatée accompagnée d'anomalies électrophysiologiques, et dans le phosspholamban, qui perturbe la recapture du calcium dans le réticulum sarcoplasmique.
Les Seidman ont aussi décrit des mutations dans les gènes des protéines du sarcomère et ont montré qu'elles avaient des conséquences réciproques sur les fonctions biophysiques modifiées par les mutations hypertrophiques.
Les études des Seidman sur les causes génétiques de la maladie congénitale du coeur a conduit à la découverte de mutations dans les gènes des facteurs de transcription NKX2.5 et TBX5.
Leur travail a établi le paradigme que des taux inadaptés de facteurs de transcription cardiaques pendant le développement sont la cause de la survenue de malformations cardiaques.
Leur groupe a produit des modèles de maladie cardiaque congénitale et a défini les cibles en aval des facteurs de transcription qui sont critiques pour la morphogenèse cardiaque, la septation et la formation du système électrophysiologique cardiaque.
Les études génétiques cardiovasculaires des Seidman permettent le diagnostic moderne, basé sur les gènes, de plusieurs maladies humaines, elles ont fourni un cadre moléculaire à la compréhension de situations cardiaques complexes et ont montré le bénéfice de l'information génotypique pour l'amélioration de la prise en charge des malades.
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